Je suis lasse

Je suis lasse
de notre relation
mais je t’enlace
avec hésitation
pas sûr de moi
tout en sachant
que je ne retrouverais pas
les ébats de l’amour perdu
puis je t’embrasse
pour ne pas oublier notre amour éphémère
une vibration
parcours mon corps nue
et se répand tel un écho sur le tien
la transpiration
de ta chaire se mêle à la mienne
nous ne formons qu’une entité unique
et imparfaite
dont l’acception
de l’autre est le principal fruit de notre attraction.

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J’observe

J’observe de mes grands yeux inquisiteurs les passants qui ne regardent pas autour d’eux. Ils avancent le regard rivé sur leur téléphone dont ils ne peuvent s’en départir, tel des zombies. D’ailleurs, toute forme d’humanité leur a été ôté. On pourrait les comparer à des robots effectuant sans cesse les mêmes tâches. Rares sont les personnes qui lèvent leurs yeux et qui daignent s’intéresser à ce qui se passe autour d’eux et voir à quel point la société est corrompue.

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Les Wachowski

Commençons tout d’abord par leur plus célèbre production : Matrix. C’est un film culte qui aura à jamais révolutionné le cinéma de science-fiction et d’action. Le scénario est très bien construit et tient la route malgré la complexité qui d’ailleurs le rend d’autant plus passionnant. Ce long-métrage est d’un réalisme et d’une inventivité stupéfiante. La mise en scène est hyper-sophistiqué et magistrale. En 1999, les Washowski révolutionnèrent le cinéma de science-fiction. En outre, le casting est parfait, et la photographie superbe, elle retranscrit parfaitement le climat futuriste voulu. Quant à la musique elle est entraînante et grandiose.

Il raconte l’histoire d’un programmateur informatique, Thomas A. Anderson est aussi hacker la nuit, sous le pseudonyme de Néo. Un jour, il est contacté par Morpheus, qui est certain que Néo est l’Élu. Celui-ci est censé comprendre qu’est-ce que la Matrice. C’est ce qu’il va découvrir tout le long de la trilogie. En réalité, la Matrice est une intelligence artificielle ultra-perfectionnée qui asservie l’humanité dans un monde parallèle.

Ensuite, après avoir regardé maintes fois Matrix, victime de son succès, j’ai été voir Cloud AtlasLe film conduit la spectateur à travers des lieux et des époques bien différentes, du Pacifique Sud au XIXe siècle jusqu’à un futur post-apocalyptique. Six histoires composent le film, chacune avec ses particularités. L’histoire se déroule sur cinq siècles dans plusieurs espaces-temps, pendant lesquels les êtres se croisent et se retrouvent d’une vie à l’autre. Des trames différentes se déroulent et chacun doit prendre une décision qui aura des conséquences sur son parcours, dans le passé, le présent et l’avenir. Tout, absolument tout, est lié. Ce long-métrage interroge essentiellement sur les questions existentielles qui ne cessent de hanter les être humains. L’action et les scènes plus intimes se mêlent, pour former un tout. Il démontre ainsi que chaque individu a un cheminement personnel qui traverse les siècles.

Cloud Atlas est remarquable. Le scénario est encore une fois complexe et révèle l’ingéniosité des Wachowski. Même si celui-ci n’est pas le leur, puisque c’est une adaptation d’un roman. Pourtant, cela ne les a pas empêché de créer un long-métrage le plus fou, le plus ambitieux et le plus maîtrisé depuis fort longtemps au cinéma. Il dégage une certaine forme de perfection, grâce à la justesse de leur propos et ce qu’ils parviennent à toucher chez le spectateur. C’est un film qui donnent envie de le voir et le revoir en boucle jusqu’à maîtriser le moindre des petits détails et en capter toute l’essence.  La bande son est signée Tom Tykwer, et elle est splendide et envoûtante. Les bouts de récits s’enchaînent avec fluidité et naturel pour former un tout cohérent et qui semble relier par quelque chose de solide. Le montage est tout simplement virtuose et parfaitement bien réussit. La mise est scène l’est tout autant. Le casting quant à lui est tout aussi ambitieux. On y trouve Tom Hanks et Halle Berry qui jouent divinement bien. D’ailleurs, le film se distingue par son originalité quant aux rôles des acteurs qui sont multiples et ne se cantonnent pas qu’à un seul personnage, tout ceci grâce à la magie du maquillage et des costumes. C’est un pur chef-d’oeuvre.

En début d’année, j’ai pu voir leur nouveau film ; Jupiter Ascending  Il est loin d’être leur meilleur film, mais je n’ai pas non plus été déçu. Il est surtout basé sur les effets spéciaux et les visuels qui sont époustouflants. Néanmoins, l’univers du film est lui aussi intéressant. Les scènes d’actions sont toujours autant ahurissantes et spectaculaires, dignes des Wachowski. Cependant, en deux heures l’univers n’est pas assez fouillé et développé, et tout va un peu trop vite.

Pour ce qui est de l’histoire, cela se passe dans un futur lointain, la Terre est à son insu une colonie d’un empire galactique et commercial qui cultive les planètes et ses habitants pour en tirer un élixir qui permet aux dirigeants d’être quasiment immortel. L’heure de s’occuper de la Terre et de la moissonner est proche, mais un phénomène étrange fait qu’une simple humaine est le sosie de la défunte reine, et dont les trois enfants se disputent l’empire, dont la Terre fait partie. L’existence même de cette terrienne compromet leurs droits d’héritiers et ils vont chacun lancer leurs mercenaires et assassins à ses trousses pour l’enlever ou l’éliminer. On peut dire que Jupiter Ascending ne manque pas d’actions et tient plus d’une fois le spectateur en haleine.

Parlons maintenant de la nouvelle série de Netflix, Sense8 dont les Wachowski sont les réalisateurs. Elle me fait penser à Cloud Atlas mais en plus aboutis, plus long, et qui se passe pendant la même époque. C’est un véritable coup de cœur. Le casting est parfait, et on s’attache au fil des épisodes à chacun des huit personnages qui a chacun une vie bien différente. Leurs âmes sont liées dans leurs joies, leurs désirs et leurs peines et c’est ça qui est beau. Certaines scènes peuvent être choquantes, mais la justesse du discours et la réalisation ne vont que vers un seul but ; suivre l’évolution des protagonistes. Ce lien qui les lie change radicalement leur vie, ils apprennent à s’entraider dans leur vie quotidienne, mais surtout contre un seul et unique ennemi commun. Je trouve cette idée de pouvoir rapprocher des personnes totalement différentes autour de quelque chose d’unique tout simplement génial. Cette série aborde aussi des thèmes plus ou moins tabous de notre société, ainsi que les différents choix, croyances et styles de vie dans différents pays de notre planète. La bande-son est également magnifique (d’ailleurs c’est quelque chose qui m’a fréquemment marqué chez les Wachowski). Un véritable coup de cœur. J’attends la suite avec impatiente !

Je suis une véritable fan de ce remarquable duo de réalisateurs.

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La ligne verte

La ligne verte est un drame mystérieux, bluffant, touchant, tout simplement parfait. Pour moi, c’est une des plus belles œuvres que Stephen King est écrite, pour la qualité scénaristique, ainsi que la beauté de sa morale. L’intrigue se déroule en Amérique, dans les années 30. C’est à travers les yeux de Paul Edgecombe, responsable d’un bloc carcéral assigné aux exécutions par électrocution, que l’histoire nous est raconté. On peut y découvrir, le quotidien de cet homme d’honneur, bouleversé par l’arrivée d’un pensionnaire particulier, l’inoubliable John Caffey, et des deux autres prisonniers chacun avec leur caractère bien à eux. C’est cela, qui permet au lecteur de s’attacher à chacun d’eux. Ces personnages sont tous criants de réalité et de justesse. L’histoire est humaine, les rapports entre les prisonniers et les gardiens également, ceux-ci ont une vision terrible de ce qu’est la mort vu qu’ils se chargent des exécutions sur la chaise électrique. Ce récit s’avère donc être extrêmement touchant, et surtout terriblement injuste. Ce roman est avant tout une critique de la peine de mort. L’auteur a voulu mettre en valeur une morale et permettre de réelles remises en question des mentalités humaines sur la peine de mort, entre autres. L’oeuvre nous livre aussi de véritables messages sur la nature de l’être humain. Poignant, prenant aux tripes, on ne peut décrocher de ce chef-d’oeuvre.

Le film est très fidèle au roman. De plus, les acteurs interprètent divinement bien leur personnage. Tom Hanks est extraordinaire, ainsi que Clarke Duncan qui avait fait une merveilleuse interprétation en John Coffey. Certaines scènes sont excellentes, ponctuées par la musique de Thomas Newman.

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Flottement

J’aimerais me laisser glisser dans cette eau limpide, si pur, si fraîche, pour y disparaître. Je prendrais un dernier souffle et je me laisserai engloutir en portant un dernier regard vers les cieux, vers ce ciel si bleu, traversé par des nuages qui masquent le soleil et empêchent ses rayons de m’atteindre, tout en apportant un vent de fraîcheur dans cette chaleur accablante. Ces forment blanches qui se dessinent dans ce bleu ont bien vite fait de partir vers d’autres horizons laissant le soleil reprendre ses droits et ses rayons dardant se refléter sur cette étendue d’eau parfaitement transparente. Mon corps une fois vidée de toute son air remonterait à la surface, flottant indéfiniment jusqu’à ce que quelqu’un l’aperçoive.

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Un réveil pas comme les autres

Je ne pensais pas en me réveillant ce matin-là que l’obscurité m’attendait. Je tenta d’ouvrir mes yeux, en vain, il m’était impossible de distinguer quoi que ce soit. Je tenta de crier mais aucun son ne sortit de ma bouche. La panique s’empara de moi. Que se passait-il ? J’aurais voulu hurler pour faire part de ma détresse mais cela n’était pas possible. Je ne tarderais pas à sombrer dans la démence si je ne trouvais pas une solution au mal qui s’était emparé de moi. De plus, le silence était pesant et anormal. Quelque chose clochait. D’habitude la sonnerie de mon réveil venait briser la tranquillité de mon sommeil, mais aujourd’hui ce n’était pas le cas. Qui plus est je ne distinguais pas le bruit habituel des voitures. Pas même le chant des oiseaux que j’aimais tant écouter pour m’apaiser ne venait briser ce silence de mort. Je ne savais que faire. Je n’avais pas le sentiment d’être dans un cauchemar et pourtant cela en avait tout lieu d’être. La peur s’empara de moi et se mit à me dévorer. J’eus l’impression de pleurer, cependant je ne sentis aucunes larmes couler. D’ailleurs, je ne ressentais rien, c’était comme si je n’avais plus de membres, comme si mon corps s’était évaporé. Pour remédier à ce calvaire, j’attrapais mon oreiller et le pressa contre ma bouche et mon nez pour m’empêcher de respirer. Je suffoqua et commença à manquer d’air, puis je sombra dans un profond coma.

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Une mort particulière

Je touche les étoiles. Elles sont à portés de main. Je suis dans une fusée. La plus belle et la plus grande de toute l’histoire de l’humanité. Avant les étoiles, il y a les nuages. J’ai dansé sur les nuages. Mes rires retentissent toujours là-bas. Je voyais les maisons, les champs comme une immense miniature. C’était tellement petit. Et moi, j’étais la reine du monde sur les nuages. Un avion est passé près de moi, les personnes qui étaient à l’intérieur m’ont aperçues, m’ont dévisagés. Je crois qu’elles m’ont prises pour un ange. Un joli ange, qui retourne au ciel après avoir accompli sa mission. Cet ange, va retrouver le paradis après avoir aidé des personnes en détresse, sauvé des vies ; accomplis sa mission. Ils sont toujours admirés pour leurs actes mais, jamais pour ce qu’ils sont. Maintenant, je ne suis plus un ange, je suis seulement une cosmonaute dans l’univers. J’explore le cosmos. Je m’approche de la Lune et j’aperçois la planète Terre. La planète bleue, c’est bien elle. D’ici on ne voit presque que du bleu. Un spectacle magnifique s’offre à mes yeux. Combien de personnes auront eu la chance comme moi de voir ce que je suis en train de voir ? Pas beaucoup, bien trop peu. Les images ne sont rien à côtés de ce que je vois. Je m’apprête à marcher sur la lune. Enfin pas tout à fait. Ici il n’y a pas d’atmosphère et donc pas de gravité ; je suis en apesanteur. Je suis tellement légère. Je ne sent pas mon corps, je suis libre. Cela me rappelle le moment où j’ai volé et survolé la cime des arbres. Un spectacle magnifique, ce fût. Voilà, ça y est, je viens de toucher le sol caillouteux de la Lune. La Terre est minuscule au loin. Je contemple cette scène merveilleuse. J’aurais tellement envie de mourir ici, mais non, la Terre m’appelle. Elle me nargue, si petite qu’elle est. Le paysage autour de moi défile à toute vitesse. Très rapidement, je me retrouve dans l’atmosphère terrestre. Le paysage s’est arrêté, je suis une statue, figé dans le temps. Je contemple la planète, qui est si belle d’ici. Et puis d’un coup, je sens le vide autour de moi. Je me rapproche du sol, bien trop vite. J’ai envie de hurler de peur ou de joie, je ne sais pas, mais aucun son ne sort de ma bouche. La dernière chose que je vois c’est un champ sur lequel je vais m’écraser si rien ne se passe. Mes yeux s’ouvrent. Je ne vois rien au début, puis ma vue s’adapte au fur et à mesure. J’aperçois le contour d’une silhouette. Cette silhouette devient plus net et je vois ma sœur devant moi. Elle me demande : « – D’où viens-tu ?

– Du ciel, de l’espace. J’ai vu les étoiles, la Lune et la Terre comme peu de personnes l’ont vu. J’ai marché sur les nuages et sur la Lune. Tu entendras mes éclats de rire, si un jour tu vas dans les nuages. Les éclats de rire d’un ange, qui s’en va quérir le bonheur. »

Voilà, les derniers moments de ma vie. Après ces mots, mes paupières se sont fermées et mon coeur s’est arrêté de battre. Voici, la mort la plus belle qu’un être humain peut espérer. Qui sait, peut-être qu’à chaque fois que quelqu’un meurt c’est comme cela. Je suis au Paradis maintenant, je peux reposer en paix, après avoir volé, rêvé et vécu.

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