Moi, Christiane F. ..13 ans, droguée et prostituée

 « Ce livre nous parle d‘une détresse que notre société refoule de sa conscience. »

Ce roman est un témoignage sombre, tragique, douloureux et extrêmement marquant puisqu’il parle de deux sujets difficiles et toujours d’actualité: la drogue et la prostitution. Personnellement, je me suis beaucoup attachée à la jeune fille, Christiane et c’est avec beaucoup de tristesse que l’on constate sa lente décadence au fil de ces pages. Elle raconte son histoire avec son enfance triste et brutale auquel elle tente d’échapper en allant se changer les idées auprès d’une bande de drogués qui l’attire et la fascine. Elle est alors très vite tentée de faire comme eux, en consommant des drogues, mais en devient rapidement dépendante. Elle se tourne alors vers la prostitution à 14 ans pour se payer sa dose quotidienne d’héroïne. Ce livre parle d’une Allemagne à la fin des années 70, dans laquelle la jeunesse des cités se trouve face à l’ennui et l’indifférence.

Ce livre met en avant les difficultés liées à la dépendance de la drogue, le manque d’organismes spécialisés pouvant accompagner ces personnes, la souffrance liée au sevrage. Il n’y a pas de traitements pour les jeunes de cet âge, ils n’ont donc pas de chance de s’en sortir. Quand les parents prennent conscience du problème et viennent demander de l’aide, on leur dit qu’on ne peut rien faire, que leurs enfants sont condamnés. Les proches se retrouvent donc démunis et ne peuvent rien faire pour sortir les personnes de cet enfer.

J’ai gardé un mince espoir tout au long du récit qu’un jour Christiane arrête de se droguer, même si il n’y avait pas beaucoup de chance. Certains passages sont très durs et bouleversants. Le style, les descriptions, m’ont laissé imaginer les horreurs qu’a subi Christiane, pour se payer de l’héroïne chaque jour.

Un témoignage bouleversant qu’il faudrait faire lire à la jeunesse pour tenter de faire prendre conscience des dangers engendrés par la drogue.

A présent, il me tarde de lire ce qu’est devenue Christiane dans son récent témoignage 34 ans après celui-ci: Moi, Christiane F., la vie malgré tout, qui parait tout aussi éprouvant à lire.

Quant au film, de Udi Edel sorti en 1981 il est tout aussi dur. Le cinéaste en a fait une oeuvre forte et incontournable du cinéma allemand dans des images sombres, sinistres, qui semblent sonner la fin d’une génération éprise de liberté, entre révolte et désillusion.  La tension est quasi-constante, la violence de certaines scènes de toxicomanie font froid dans le dos et ont été respectée par le metteur en scène vis à vis du livre. On ne sort pas indemne de cet aperçut d’un effroyable réalisme aux pauvres éclairages, et aux vies brisées qui suinte de tristesse. Le film est passionnant et décrit le portrait de Christiane F qui est parfaitement rendu par le jeu époustouflant de son actrice principale, Natja Brunckhorst. La bande originale est sublime, signée par le grand David Bowie. Plus de 30 ans après sa sortie, ce film fait toujours autant froid dans le dos. C’est un pur chef-d’oeuvre.

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A propos selindeej

Féministe. Rockeuse (et hippie) dans l'âme. Cinéphile et rat de bibliothèque. Art loveur. Amoureuse de la mer et des animaux.
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